L'origine lointaine des Varone est probablement italienne. On retrouve une de leurs premières traces valaisannes à Savièse, en la personne de Johanes Varonaz, dès l'an 1462. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Germain-François Tobie Varonne (patronyme comportant alors deux « n ») gagne Sion pour y devenir métral au Mont d'Or.
Passage de vocation ! En 1900, Frédéric, fils de Germain-François, ouvre à Pont-de-la-Morge son propre commerce de vins, à côté d'un estaminet qui deviendra plus tard le Relais du Simplon. Il a 20 ans. Commerçant hors pair, il est parmi les premiers à exposer à la Foire suisse d'échantillons de Bâle et au Comptoir suisse de Lausanne.
Frédéric Varone achète des récoltes, complétant celles qu'il obtient des vignes familiales, pour élever ses propres vins. L'un d'eux remporte une médaille d'argent à l'Exposition nationale d'agriculture de Frauenfeld en 1903. En 1915, notre homme reprend à Louis Calpini son commerce de vins rue des Remparts à Sion, avec son pressoir et le terrain nécessaire à la construction de nouvelles caves et d'une villa. L'entreprise y sera fixée jusqu'en 1992.
Henry, fils de Frédéric, rejoint celui-ci dès 1925. Il s'agit d'assurer une protection juridique aux appellations. En 1927, le Marc du Vieux Clocher devient la première marque officiellement déposée sur le plan fédéral. La dôle Valéria, la malvoisie Amourettes et le fendant Soleil du Valais suivent.
En 1928, innovation technique majeure, notamment auprès du public : la maison Varone propose des vins en flaconnages de 2, 3 et 5 décilitres. La concurrence ironise avant de livrer à son tour, quelques mois plus tard, des vins fins en litre scellé.
Une phase de consolidation succède. Bureaux et garages sont agrandis. Au décès de Frédéric, en 1938, Frédéric Varone & fils devient Les Hoirs de Frédéric Varone. En 1951 enfin, un tunnel est creusé sous l'avenue du Midi, qui relie les caves Varone à celles qui sont louées dans le bâtiment d'en face.
Jean-Pierre, fils d'Henry, entre dans l'entreprise en 1961. De grands travaux s'ensuivent aussitôt. Quatre ans plus tard, on construit la cave et les dépôts de Chandoline. De nouvelles installations de pressurage et d'embouteillage entrent en fonction. L'exportation des vins Varone connaît une progression notable.
Au terme de son premier siècle, la maison se réorganise en profondeur. En 1991, le terrain de l'avenue du Midi est vendu. Varone s'établit l'année suivante à Champsec, à l'est immédiat de la ville, dans le cadre d'un partenariat original avec la société Bonvin : les installations matérielles nécessaires sont mises en commun à l'enseigne des Celliers de Champsec SA, mais les deux entreprises préservent toute leur autonomie sur les plans viti-vinicole, commercial, financier et juridique.
Dans l'intervalle, en 1990, Philippe, fils de Jean-Pierre, a rejoint l'entreprise. Sept ans plus tard, celle-ci devient une société anonyme familiale. En 2000, la maison fête son centenaire. Ses atouts ? Des Varone de père en fils, des marques bien établies, des vins originaux, une diffusion chez les particuliers comme chez les meilleurs professionnels de la gastronomie. Et une étroite imbrication, à tous égards, dans la vie régionale.
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